On me pose la question presque chaque semaine, à la fin d'un dépannage : « Et AVG, c'est bien ou pas ? » La personne a souvent l'icône orange sur son bureau depuis des années, installée par un ami ou par l'assembleur du PC. Elle n'a jamais payé un centime, elle n'a jamais eu de virus visible, et pourtant elle doute. Ce doute est légitime.
Alors voici mon avis sur AVG Antivirus, sans détour, en essayant de répondre à ce que les comparateurs oublient systématiquement de vous dire : ce qui se passe au moment du renouvellement, et ce que l'éditeur fait de vos données de navigation.
Points clés à retenir
- Techniquement fiable : AVG utilise le moteur de détection d'Avast depuis qu'Avast a racheté l'éditeur tchèque en 2016.
- La version gratuite protège correctement pour un usage courant, mais elle pousse en permanence vers le payant.
- Le prix payant grimpe fortement au renouvellement, un point qu'il faut anticiper.
- La maison mère, Gen Digital, regroupe AVG, Avast, Norton, Avira et CCleaner.
- Le vrai point de vigilance n'est pas la détection, mais la collecte et l'usage des données.
Avis AVG Antivirus : un logiciel fiable, mais une maison mère qui pose question
Commençons par le contexte, parce qu'il explique beaucoup de choses. AVG est né en 1991 à Brno, en République tchèque, sous le nom de Grisoft. En septembre 2016, Avast rachète l'entreprise. Puis Avast fusionne avec NortonLifeLock, qui devient Gen Digital. Résultat : AVG, Avast, Norton, Avira et CCleaner appartiennent aujourd'hui à la même galaxie.
Ça change tout. Parce qu'un antivirus qui partage son moteur avec trois autres produits de la même maison, ce n'est pas un produit indépendant. C'est une marque commerciale posée sur une technologie commune.
Est-ce que l'antivirus AVG est fiable ?
Oui, sur le plan de la détection pure. Le moteur partagé avec Avast est reconnu comme solide sur les menaces classiques : malwares, ransomwares, phishing. Pour un usage familial, je n'ai jamais vu AVG laisser passer quelque chose de grave sur une machine à jour.
Mais « fiable » ne veut pas dire « sans réserve ». Il faut distinguer deux choses :
- La protection, qui est bonne.
- Le comportement du logiciel, beaucoup plus discutable : relances commerciales, modules annexes proposés en permanence, télémétrie.
Sur une machine ancienne, j'ai constaté des ralentissements au démarrage après installation. Rien de catastrophique, mais assez pour qu'on le remarque quand on travaille sur un vieux portable. Le logiciel est gourmand, et il installe volontiers des composants dont vous n'avez pas besoin si vous cliquez trop vite.
Est-ce que AVG AntiVirus est gratuit ?
Oui, il existe une version gratuite, et c'est elle que la majorité des gens utilisent. Elle couvre l'essentiel : analyse des fichiers, protection en temps réel, blocage des sites dangereux. Pour quelqu'un qui navigue normalement et qui ne télécharge pas n'importe quoi, ça suffit.
Le problème, c'est le reste. La version gratuite est conçue comme une rampe d'accès vers le payant. Vous recevez des notifications régulières, des suggestions d'upgrade, des fenêtres qui vous proposent d'ajouter un VPN ou un nettoyeur de registre. Tous les trois jours, grosso modo.
Les formules payantes, elles, ajoutent un pare-feu, un VPN, et de l'optimisation de performances. Sur le papier c'est intéressant. Dans les faits, un VPN intégré à un antivirus reste un VPN d'entrée de gamme, et l'optimisation Windows, honnêtement, je n'y crois pas beaucoup.
Le piège du renouvellement, dont personne ne parle
Voici le point que j'aurais aimé qu'on me dise plus tôt. La première année d'un abonnement AVG Ultimate se négocie autour de 55 euros. C'est attractif. Mais au renouvellement automatique, le tarif peut grimper jusqu'à 139 euros par an.
Et c'est parfaitement légal, tant que c'est écrit noir sur blanc dans les conditions. Sauf que personne ne lit les conditions. J'ai récupéré le PC d'une cliente l'an dernier qui payait ce tarif plein depuis deux ans pour une protection dont elle n'utilisait que la moitié. Elle avait installé AVG en version d'essai, oublié, et laissé filer les prélèvements.
Ma recommandation, systématique :
- Notez la date d'échéance dans votre agenda dès le premier jour.
- Désactivez la reconduction automatique si l'option existe.
- Comparez le prix de renouvellement avec ce que coûte une nouvelle souscription ailleurs.
Bref, l'abonnement AVG n'est pas un mauvais achat. C'est un achat qu'il faut surveiller.
Quel est l'antivirus gratuit le plus fiable ?
La question revient souvent, et ma réponse est probablement décevante : Microsoft Defender, celui qui est déjà installé sur votre Windows, protège aujourd'hui très correctement pour un usage domestique. Il ne vous relance pas pour acheter quoi que ce soit, il ne collecte pas vos habitudes de navigation pour les revendre, et il ne ralentit pas votre machine.
Ensuite, dans les gratuits « tiers » qui tiennent la route, on retrouve Bitdefender Free et la formule gratuite d'AVG. Le classement dépend de ce que vous cherchez : détection pure, discrétion, ou zéro publicité interne.
| Solution gratuite | Points forts | Points faibles |
|---|---|---|
| Microsoft Defender | Intégré, discret, aucune relance commerciale | Moins de modules annexes |
| AVG Free | Bonne détection, moteur Avast | Sollicitations fréquentes, télémétrie |
| Bitdefender Free | Très sobre, détection solide | Fonctions limitées |
Mon avis, et je l'assume : si vous ne voulez pas payer, commencez par Defender avant d'installer quoi que ce soit. Beaucoup de gens empilent deux antivirus, ce qui est le meilleur moyen de ralentir une machine sans rien gagner en sécurité.
Le vrai point noir d'AVG : ce qu'il fait de vos données
Voilà ce qui manque à presque tous les avis que j'ai pu lire sur AVG. La société a longtemps monétisé les données de navigation collectées via ses produits, y compris par le biais de sa filiale spécialisée dans la revente de données publicitaires. Cette activité a fait l'objet de vives critiques et de procédures, notamment outre-Atlantique.
Depuis la fusion au sein de Gen Digital, la politique a évolué et l'éditeur communique davantage sur la protection des données. Mais dans les réglages, la télémétrie et le partage d'informations à des fins d'amélioration du produit restent activés par défaut. À vous d'aller les couper.
Franchement, pour un antivirus, c'est un comble. L'outil censé vous protéger ne devrait pas être celui qui vous demande le plus de données.
Quels sont les 3 meilleurs logiciels antivirus ?
Sur le marché actuel, trois noms reviennent : Bitdefender, Kaspersky et Norton. Ce ne sont pas les seuls, mais ce sont ceux dont les moteurs de détection font référence et dont les suites payantes justifient à peu près leur prix. AVG se situe juste derrière, avec un rapport qualité-prix correct en première année et une vraie faiblesse au renouvellement.
Après des années à dépanner des PC, mon classement personnel reste prudent : le meilleur antivirus est celui que vous configurez correctement. Un Bitdefender mal réglé protégera moins bien qu'un Defender bien laissé tranquille.
Faut-il désinstaller AVG si on a Defender ?
Oui, dans la grande majorité des cas. Deux antivirus actifs en même temps se gênent mutuellement et ralentissent la machine. Gardez-en un seul, et si vous tenez à AVG, désactivez Defender pour éviter les conflits.
AVG est-il efficace contre les ransomwares ?
Oui, la protection comportementale du moteur Avast couvre ce type de menace. Mais aucun antivirus ne remplace une sauvegarde régulière. C'est la seule vraie assurance.
Alors, on l'installe ou pas ?
AVG n'est pas le mauvais logiciel que certains décrivent, ni la solution miracle que sa communication laisse entendre. C'est un antivirus correct, porté par un moteur éprouvé, emballé dans une machine commerciale assez agressive.
Si vous avez déjà une licence payante, gardez-la en surveillant la date de renouvellement. Si vous partez de zéro, commencez par Defender, et ne payez que si vous avez un besoin réel de fonctions supplémentaires. Et si vous tenez à AVG pour sa version gratuite, passez dix minutes dans les réglages pour couper la télémétrie.
Une dernière chose. La question qu'on devrait tous se poser n'est pas « quel antivirus est le meilleur », mais « qu'est-ce que je suis prêt à donner en échange d'une protection gratuite ». C'est là que se joue vraiment la différence.