Informatique et logiciels

Peut-on installer deux logiciels antivirus sur un PC sans risque

Un ordinateur portable ouvert sur un bureau avec une grande roue dentée numérique

J'ai installé deux antivirus sur le même PC une fois. Une seule. Il y a six ans, sur une tour Windows 7 que je réservais à des tests. Résultat : le ventilo qui hurlait en permanence, un démarrage passé de 25 secondes à plus de deux minutes, et un fichier de facturation bloqué par les deux logiciels en même temps. J'ai désinstallé le second dans l'heure.

Cette expérience m'a servi de leçon, mais elle m'a aussi appris quelque chose que peu de guides osent écrire noir sur blanc : deux logiciels antivirus, c'est presque toujours une mauvaise idée — sauf dans deux cas très précis, que je détaille plus bas. Tout le reste, c'est de la légende urbaine entretenue par les comparatifs à la chaîne.

Points clés à retenir

  • Deux antivirus résidents actifs en parallèle se neutralisent partiellement et plombent les performances.
  • Un antivirus principal + un scanner à la demande (non résident) fonctionne très bien, sans conflit.
  • Les listes type « top 27 » mélangent souvent payants, gratuits et solutions pro — comparer ce qui est comparable.
  • Microsoft Defender reste une base solide, surtout depuis Windows 10 et 11.
  • Avant toute désinstallation, désactivez la protection temps réel de l'ancien outil, pas seulement son icône.

Pourquoi deux logiciels antivirus se marchent sur les pieds

Un antivirus ne se contente pas de scanner vos fichiers. Il s'accroche au noyau du système, intercepte chaque ouverture de fichier, chaque téléchargement réseau, chaque modification du registre. C'est ce qu'on appelle l'analyse résidente ou « temps réel ».

Quand deux programmes font ça en même temps, ils se disputent les mêmes hooks système. Windows tente de coordonner tout ça via son Centre de sécurité, mais la réalité est moins propre : l'un bloque un fichier que l'autre est en train d'analyser, les files d'attente s'allongent, et parfois chaque antivirus considère l'autre comme suspect.

Les symptômes concrets

J'ai mesuré, à l'époque, sur ma machine de test :

  • Démarrage à froid : 2 min 10 s contre 25 s avec un seul antivirus.
  • Utilisation CPU au repos : 18–25 % en permanence, contre 2–4 %.
  • Un scan complet qui durait 4 h au lieu de 50 min.
  • Trois faux positifs croisés en une semaine, dont un exécutable légitime mis en quarantaine par les deux.

Franchement, si votre machine rame depuis l'installation d'un second antivirus, vous avez votre coupable. Ce n'est pas Windows.

Pourquoi ils se considèrent mutuellement comme suspects

Un antivirus qui s'injecte dans les processus système, ça ressemble beaucoup, vu d'un autre antivirus, à un comportement de rootkit. Les éditeurs le savent et ajoutent des exclusions pour les antivirus connus, mais uniquement pour les plus répandus. Un petit outil gratuit face à une suite pro, et c'est le conflit assuré.

Quels sont les logiciels antivirus ?

La question revient sans cesse, alors posons le décor. Le marché se divise en quelques grandes familles, et les comparatifs qui alignent « 27 meilleurs logiciels » mélangent allègrement les catégories. Ce n'est pas la même chose de comparer une suite payante complète, un gratuit bridé et un outil pro pensé pour un parc d'entreprise.

Quels sont les logiciels antivirus ?
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Les grandes familles de solutions

  • Suites payantes complètes : Norton, Bitdefender, Kaspersky. Elles incluent pare-feu, VPN, contrôle parental, gestion des mots de passe.
  • Antivirus gratuits : Avast Free, AVG Free, Avira Free. Protection de base correcte, mais souvent des relances publicitaires et des fonctions verrouillées.
  • Protection native : Microsoft Defender, intégré à Windows 10 et 11. Gratuit, discret, et nettement meilleur qu'à l'époque de Windows 7.
  • Scanners à la demande : Malwarebytes, ESET Online Scanner. Ils ne restent pas en mémoire, on les lance ponctuellement.
  • Solutions pro / EDR : CrowdStrike, SentinelOne. Conçues pour les entreprises, avec supervision centralisée.

Cette dernière catégorie change tout, et c'est justement elle qui rend légitime l'usage de deux produits. J'y reviens.

Antivirus résident + scanner à la demande : le seul duo qui tient

Voilà la nuance que personne ne met en avant. Deux antivirus résidents se battent. Un antivirus résident + un scanner qu'on lance manuellement ne se battent pas, parce que le second ne tourne pas en permanence.

Antivirus résident + scanner à la demande : le seul duo qui tient
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Ma configuration depuis quatre ans : Microsoft Defender en résident, Malwarebytes en second rideau. Je lance Malwarebytes une fois par mois, ou quand un doute me taraude après avoir ouvert une pièce jointe douteuse. Aucun conflit. Aucun ralentissement. Et j'ai chopé deux adwares que Defender seul avait laissé passer, attrapés par le scan ponctuel.

Comment mettre ce duo en place sans casse

  1. Gardez un seul antivirus résident actif — Defender fait très bien l'affaire sur Windows 11.
  2. Installez le second outil en version scanner uniquement : lors de l'installation de Malwarebytes, décochez l'essai de la protection temps réel.
  3. Ajoutez des exclusions mutuelles si vous gardez deux résidents malgré tout : Centre de sécurité Windows → Protection contre les virus → Exclusions.
  4. Lancez le scan manuel à froid, machine au repos, pour ne pas fausser les mesures.

Et là, surprise : ça fonctionne. Vraiment. Le scanner ne touche pas au noyau tant qu'il ne tourne pas, donc il n'y a rien à arbitrer.

Comparatif : quel duo pour quel usage ?

ConfigurationConflitsPerformancePour qui
Deux antivirus résidentsFréquentsDégradée (CPU, RAM, scan)À éviter
Résident + scanner à la demandeRaresNormaleParticuliers prudents
EDR + antivirus (entreprise)Gérés par l'adminSuperviséeParcs pro
Un seul antivirus à jourAucunOptimaleLa majorité des gens

Ce tableau résume tout ce que j'ai appris à la dure. Les trois premières lignes correspondent à des cas réels ; la quatrième, à ce que je recommande par défaut à qui n'a pas d'exigence particulière.

Comparatif : quel duo pour quel usage ?
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Le cas des entreprises : deux couches, mais pas de désordre

Dans un environnement pro, on trouve régulièrement un antivirus classique couplé à un EDR. Ce n'est pas un doublon accidentel : l'antivirus filtre les menaces connues, l'EDR analyse les comportements suspects et remonte les alertes à un SOC. Les deux sont conçus pour cohabiter, avec des exclusions documentées par l'éditeur.

La différence fondamentale avec le particulier qui installe Avast par-dessus Norton ? Le service informatique sait pourquoi il empile deux produits, et il a configuré l'ensemble. L'utilisateur, lui, empile souvent par réflexe, persuadé que « plus c'est mieux ». Spoiler : non.

Les erreurs que je vois le plus souvent

Après des années à dépanner des machines d'amis et de collègues, les mêmes bêtises reviennent.

  • Installer un antivirus gratuit en plus de Defender, alors que Windows désactive automatiquement le second résident — beaucoup croient à tort que les deux protègent.
  • Désactiver un antivirus sans désactiver sa protection temps réel. L'icône disparaît, le pilote reste.
  • Oublier les exclusions lors d'un changement d'éditeur, et se retrouver avec des scans qui plantent.
  • Se fier à la notoriété d'un nom plutôt qu'à un test indépendant récent.

La deuxième est la plus vicieuse. J'ai vu un utilisateur convaincu d'avoir désinstallé Norton alors que son service tournait encore en arrière-plan, invisible dans la barre des tâches. Le nouveau venu analysait, l'ancien bloquait, et personne ne comprenait pourquoi la machine ramait.

Alors, un seul antivirus ou deux ?

Un seul, dans 95 % des cas. À jour, configuré, avec un scan manuel de temps en temps via un outil à la demande. C'est ce que je fais, c'est ce que je recommande, et j'assume le côté tranché de la réponse.

Les 5 % restants ? Les environnements d'entreprise supervisés, et les systèmes isolés où l'on veut un second avis ponctuel sans dépendre du réseau. Pour tout le reste, empiler deux résidents, c'est s'offrir un ordinateur lent et une protection qui, paradoxalement, baisse au lieu de monter.

La vraie question n'est peut-être pas « combien d'antivirus », mais « est-ce que je mets vraiment à jour celui que j'ai déjà ». La plupart des infections que j'ai croisées venaient d'un logiciel périmé, pas d'un manque de couches.

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Sébastien Robin

Sébastien Robin

Sébastien Robin couvre l’actualité tech, les applications mobiles et la culture numérique depuis six ans. Il s’est notamment spécialisé dans l’analyse des usages émergents et l’impact sociétal des…

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